Je m’affranchis du ‘religiosisme’ fourvoyé: je ne crois qu’à l’Etre Hébreu, à sa foi et à sa loi. Par Rony Akrich

by Rony Akrich
Je m’affranchis du ‘religiosisme’ fourvoyé: je ne crois qu’à l’Etre Hébreu, à sa foi et à sa loi. Par Rony Akrich

Nous sommes revenus sur la terre.

Nous avons repris la poussière et la pierre.

Nous avons relevé la langue.

Nous avons dressé la ville.

Nous avons rassemblé l’armée.

Nous sommes entrés dans l’Histoire, non comme hôtes tolérés, mais comme peuple responsable.

Et pourtant, voici le scandale : l’exil a quitté les routes, mais il n’a pas quitté les âmes.

Le ghetto a changé de façade, mais il demeure dans la tête.

La peur a changé de costume, mais elle garde le même maître.

Car voici la maladie : une religiosité d’exil, une piété de refuge, une sainteté de couloir.

Non pas la foi qui ouvre, mais la foi qui enferme.

Non pas la Torah qui élève, mais la Torah réduite en règlement.

Non pas Dieu cherché, mais Dieu instrumentalisé.

Non pas la vérité aimée, mais la conformité adorée.

Écoutez : on ne bâtit pas une souveraineté avec une âme de fuite.

On ne fonde pas un peuple debout avec une conscience de communauté traquée.

On ne revient pas au nom « Hébreu » avec des réflexes de cachette.

Car que fait cette religiosité-là ?

Elle parle de Dieu, et elle oublie l’homme.

Elle parle de pureté, et elle oublie la justice.

Elle parle de sainteté, et elle oublie le réel.

Elle parle d’étude, et elle oublie la vérité.

Elle multiplie les paroles, et elle étouffe la parole.

Elle accumule les références, et elle perd la source.

Elle adore les « grands », et elle humilie la grandeur.

Elle sait tout du détail, et rien de l’essentiel.

Elle sait tout de l’interdit, et presque rien du courage.

Elle sait tout du rite, et presque rien de la dignité.

Elle sait tout du « dedans », et presque rien de la cité.

Elle a fait du judaïsme un guichet.

Elle a fait du sacré un tampon.

Elle a fait de la conscience un dossier.

Elle a fait de l’homme un suspect.

Et voici l’abomination : elle a remplacé le Tanakh, la parole rude, prophétique, morale et politique, par une pluie de mécanismes.

Le prophète criait justice ; ils récitent des articles.

Le prophète se dressait devant le roi ; ils se courbent devant le clan.

Le prophète dévoilait la corruption ; ils organisent le convenable.

Le prophète portait Dieu au cœur de la ville ; ils enferment Dieu dans les murs.

Et ils appellent cela « fidélité ».

Mais ce n’est souvent qu’une fidélité de troupeau, une foi de fatigue, une piété de peur.

C’est pourquoi nous disons : assez!!

Nous ne sommes pas revenus ici pour construire un ghetto en haute définition.

Nous ne sommes pas revenus ici pour vivre sous une police des apparences.

Nous ne sommes pas revenus ici pour échanger la servitude de l’exil contre une servitude sacrée.

Car un peuple revenu chez lui doit savoir : la souveraineté est une épreuve.

Elle éprouve l’âme.

Elle met à nu les idoles.

Elle révèle si nous voulons vivre en hommes libres ou en captifs bien habillés.

Et voici la question, tranchante comme une lame : voulez-vous vivre, ou voulez-vous vous cacher ?

Voulez-vous respirer, ou voulez-vous vous tenir sages ?

Voulez-vous la Torah comme une lumière, ou comme une cage ?

Voulez-vous Dieu comme une exigence, ou comme un alibi ?

Nous demandons l’hébraïté.

Non pas un slogan.

Non pas un folklore.

Non pas une nostalgie.

Mais une forme de vie : droite, responsable, enracinée.

Une conscience capable de penser l’État, le droit, la guerre et la paix, l’économie, l’éducation, la dignité de l’homme, la solidarité, l’unité.

Une hébraïté qui ne tremble pas devant le monde.

Une hébraïté qui ne tremble pas devant la pensée.

Une hébraïté qui ne tremble pas devant la liberté.

Nous ne rejetons pas la tradition, nous l’arrachons aux mains qui l’ont rapetissée.

Nous ne rejetons pas l’étude, nous la délivrons de la psalmodie sans âme.

Nous ne rejetons pas la Torah, nous refusons qu’elle soit réduite à un code tribal.

Car la Torah n’a pas été donnée pour fabriquer des hommes petits.

Elle a été donnée pour former un peuple de justice.

Elle n’a pas été donnée pour fuir le réel.

Elle a été donnée pour y entrer avec droiture.

Notre combat n’est pas contre Dieu.

Notre combat est contre ceux qui utilisent Dieu pour rétrécir l’homme.

Notre combat n’est pas contre la foi.

Notre combat est contre la foi devenue routine, peur, conformisme, et paresse de l’esprit.

Notre combat n’est pas contre les sages.

Notre combat est contre le cléricalisme : la confiscation, le monopole, la domination sous couvert de sainteté.

C’est pourquoi nous appelons :

Retour au Tanakh, comme source première, parole qui demande des comptes.

Retour à la responsabilité nationale, non pas des clans, mais de la cité.

Retour à l’éthique, non pas des apparences, mais de la justice.

Retour à la liberté, car sans liberté, la Torah devient un bâillon, et la sainteté une mascarade.

Et maintenant, entendez ceci : qu’on cesse de confondre le ciel avec le plafond de la synagogue.

Qu’on cesse de prendre la pureté pour une évasion, et la piété pour un camouflage.

Qu’on cesse d’appeler « peur » ce qui se déguise en « crainte du Ciel ».

Qu’on cesse d’appeler « fidélité » ce qui n’est que rabâchage.

Que tombent les autels de l’exil intérieur.

Que s’effondre la liturgie de l’entre-soi.

Que se fissurent les palais du « convenable ».

Et que revienne la parole libre, rude, exigeante, celle qui ne flatte pas, celle qui redresse.

Car nous ne sommes pas revenus pour être gérables.

Nous sommes revenus pour être vivants.

Et nous ne sommes pas revenus pour servir un système.

Nous sommes revenus pour servir la justice, le droit, les valeurs, les vertus et pour porter, dans l’Histoire, une foi responsable.

Que l’influence de la religion « étrangère » s’estompe, mettant en évidence son dogmatisme et sa rigidité, et que l’être hébraïque brillant émerge, triomphant grâce à ses titres de noblesse, tandis que son bouclier redevient une source de lumière.

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