Au Raincy, les autorités religieuses de la communauté de Merkaz Hatorah — Kehilat Yaakov ont tenté d’intimider et d’empêcher une soirée autour de Mme Laly Derai. Cette dernière était venue honorer la mémoire de son fils, Saadia Zatsal, soldat d’Israël, mort à Gaza il y a quelques mois. Il avait trois enfants.
Mon coup de gueule est conséquent de cette ignominie et de l’inutilité de ces ignobles personnages! Mon cœur et ma gratitude vont à cette grande dame, témoin ineffable, non d’une religion, mais d’un peuple, d’une nation, porteur de l’enseignement divin sur la terre d’Israël. Mais jamais au grand jamais, d’un culte insignifiant, d’une « foi de charbonnier » !
Les aigrefins qui agissent de manière répréhensible au nom de l’honneur, de la justice et de la religion, comme Shimon et Lévi, sont présents depuis longtemps. Ils semblent ne pas comprendre la raison de leurs actes odieux et délictueux. Ils proposent toujours une explication à leur fanatisme malsain et nauséabond, rejetant la faute sur autrui. Pourtant, la source de leur mal-être réside dans leur propre nature incontrôlée. À cet égard, Yaacov, s’exprimant sur son lit de mort à la fin de la Genèse, semble nous offrir le premier avertissement sur les dangers du fanatisme religieux. J’ai observé que le monde a beaucoup moins souffert de l’ignorance que de la prétention au savoir. Ce ne sont ni les sceptiques ni les explorateurs, mais les fanatiques religieux qui menacent la moralité nationale et le progrès social. Aucun agnostique n’a jamais brûlé qui que ce soit sur le bûcher. Bien que le monde se soit soulevé pour la liberté, les nations se sont également soulevées au nom de Dieu pour tuer ceux dont les croyances ne correspondaient pas aux leurs. Dieu est assez grand pour défendre ses propres arguments sans fanatiques religieux. Pourtant, certaines personnes dans le monde dissimulent encore leur haine d’autrui sous le manteau de la religion, et nous ne devrions pas le tolérer.
Le plus triste, c’est que les trois religions abrahamiques prêchent la paix et la tolérance. Pour les chrétiens, le plus grand commandement est « d’aimer le Seigneur, notre Dieu, de tout son cœur », et le second lui est semblable : « aimer son prochain comme soi-même ». Le judaïsme soutient que « si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, ne le molestez pas. Il sera pour vous comme un de vos compatriotes ; vous l’aimerez comme vous-même, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte, je suis l’Éternel votre Dieu » (Lévitique 19, 33-34). L’islam fait écho à cela : « Allah a dit dans la sourate Nissa (n° 4, verset 36) : Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers vos pères et mères, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le partenaire et le voyageur, et ceux qui sont sous votre gouverne, car certes, Allah n’aime pas le présomptueux et l’arrogant. » Ces enseignements religieux universels plongent dans le langage du cœur et proposent un ensemble d’idéaux qui recommandent le bon voisinage, contribuant ainsi à notre salut non seulement face à nos ennemis, mais également face à nous-mêmes.
Revenons donc à notre histoire à la fin de la Genèse. Quelle est la punition que Yaacov inflige à ses fils, Shimon et Lévi ? Il déclare : « Ne t’associe point à leurs desseins, ô, mon âme ! Mon honneur ne soit pas complice de leur alliance ! Car, dans leur colère, ils ont immolé des hommes et, pour leur passion, ils ont frappé des taureaux. Maudites soient leur colère, car elle fut malfaisante, et leur indignation, car elle a été funeste ! Je veux les séparer dans Yaacov, les disperser en Israël » (Genèse 49, 6-7). Pourquoi sont-ils dispersés ? Je crois que Yaacov les a dispersés afin de protéger le reste du monde de leur colère. Les tuer aurait été tout aussi mal que de faire un mal aux hommes de Sichem. Ne pas les punir du tout et les laisser ensemble aurait été pire, car cela leur aurait donné l’occasion de se renforcer en nombre et de propager leur nature radicale. Ils deviendraient alors très sûrement les fondamentalistes de l’ancien Israël. Yaacov le savait également.
À l’instar de Martin Luther King, nous devons cultiver notre passion pour la foi et nous approcher de Dieu avec grandeur. Cependant, nous ne devons pas permettre que cette intensité soit éclipsée par ceux qui détournent la religion. Ils en font un culte dédié aux « grenouilles de bénitier », ou un instrument de prédication de la haine et de la division. Faire ressortir la richesse de l’hébraïsme biblique, enseigner les valeurs auxquelles nous tenons et rejeter l’esprit d’exil, tout en abandonnant les passions des terres diasporiques : voilà des éléments essentiels, cardinaux et primordiaux. Nous devons faire entendre notre voix, celle de la Torah d’Israël, de la terre d’Israël et du peuple d’Israël ! Il est de notre devoir de défendre toutes les victimes du dogmatisme religieux. Le fanatisme et les préjugés à leur encontre sont manifestes, surtout lorsque certains, éclairés, revendiquent leur Hebraisme israélien et leur volonté de protéger notre pays ou d’assurer le « fondement moral de notre société. Telle doit être l’héritage de Yaacov. Transformons la passion et le zèle de Shimon et Lévi, autrefois utilisés pour la haine et la destruction, en un moteur pour prêcher la tolérance, la justice et la responsabilité collective envers toute la nation d’Israël.
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