TESHUVA ET AMOUR DU PROCHAIN – ROSH HODESH ELOUL BAT YAM

by Rony Akrich
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CONFERENCE DE MR RONY AKRICH le 5 Aout 2013
Le livre de la Genèse, premier livre de la Torah, se termine par un message essentiel: la droiture. La Bible utilisera le terme de — «Sefer hayashar» – «Livre de la Droiture» par deux fois, le Talmud, dans son traité «Avoda zara», confirmera quant à lui qu’il s’agit du livre de Bereshit, ouvrage où les Patriarches d’Israël sont décrits et qualifiés «d’hommes droits».
Bilaam, prophète des nations à l’époque biblique, est un personnage malveillant et amer, il s’en vient damner le peuple d’Israël, nouvellement libre, qu’il n’avait jamais rencontré et qui ne lui avait occasionné aucun préjudice. C’est pourtant cet homme qui, au cours d’une étrange prise de conscience, déclare et déclame la sublimité d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et tout aussi soudainement leur atteste un tel respect qu’il en vient à souhaiter mourir de la mort de ces êtres droits.
Abraham, Isaac et Jacob peuvent-ils être reconnus par ce seul attribut? Nos Patriarches ne vivaient pas seulement par leur droiture, ils étaient aussi justes, pieux et saints. La droiture étant perçue chez le commun des mortels comme une qualité secondaire, les autres attributs demeuraient plus ostentatoires?
Le Rav Naphtali Tsvi Yéhouda Berlin «le Natsiv», dans son commentaire essentiel du livre de la Genèse, démontre qu’Abraham, Isaac et Jacob se plaçaient bien au delà de la basique droiture, néanmoins cette valeur liminaire demeurait le fondement des mouvances de leur être. Il n’est pas rare d’identifier, chez l’humain présomptueux, une certaine tendance à sauter les paliers élaborateurs de sa personnalité tout en omettant d’asseoir ses fondements d’éthique et de morale.
Selon le Natsiv, nous rencontrons l’une de ces manifestations à l’époque du Second Temple: au sommet de la population judéenne se trouvaient des personnages pieux et saints qui révéraient tous la Torah, nonobstant leur apparence voila qu’ils n’étaient pas toujours irréprochables dans leurs rapports avec autrui.
En conséquence la situation se dégrada et les entraîna à une haine gratuite, où la défiance était de mise, et suffisamment bien organisée pour opprimer ceux dont la conduite «religieuse» divergeait de leur diktat.
L’inquisition et l’accusation allaient bon train, on les affublait d’étiquettes diffamatrices, Sadducéens, Epicuriens, c’est à dire rebelles à la Loi. Cette déficience à pouvoir recevoir autrui tel qu’il existe avec sa spécificité propre, les a inéluctablement guidés vers la haine gratuite. Nul doute qu’une telle aversion puisse être la cause d’autres déviationnismes comme le crime, une totale déchéance qui fournira toutes les bonnes raisons de détruire le Temple et le Royaume.
Ce comportement et lui seul a légitimé le Décret divin d’achever ces gens dont l’habit ne faisait pas le saint.

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