Assez de cessez-le-feu : Israël a le droit de neutraliser ceux qui veulent sa mort – Par Rony Akrich

by Rony Akrich
Assez de cessez-le-feu : Israël a le droit de neutraliser ceux qui veulent sa mort – Par Rony Akrich

Il faut en finir avec cette hypocrisie obscène qui tient lieu de morale internationale. À chaque guerre menée contre Israël, le même théâtre recommence. L’ennemi menace, tue, massacre, arme sa haine, proclame sa volonté de destruction. Israël encaisse, mobilise, frappe, tente de réduire la menace. Puis, au moment où l’adversaire commence enfin à payer le prix de son entreprise mortifère, les prophètes tardifs de la « paix » surgissent pour exiger un cessez-le-feu.

Toujours le même mot. Toujours la même comédie. Toujours le même mensonge.

Car ce qu’on appelle aujourd’hui « cessez-le-feu » n’est presque jamais une paix. C’est une suspension imposée à la victime avant que le bourreau n’ait été réellement désarmé. C’est le droit reconnu à l’ennemi de survivre à sa défaite partielle pour préparer la prochaine attaque. C’est la respiration diplomatique offerte au fanatisme. C’est, sous un vernis de civilisation, l’interdiction faite à Israël de transformer son effort, son deuil et sa résistance en sécurité durable.

Il faut avoir le courage de dire ce que tant de consciences occidentales refusent d’admettre : lorsqu’un pouvoir, un mouvement, une milice ou un régime déclare ouvertement qu’il veut votre destruction, il ne suffit pas de le contenir symboliquement, de le condamner verbalement ou de l’inviter à la retenue. Il faut le neutraliser. Il faut briser sa capacité de nuire. Non par goût de la guerre, mais parce que la vie d’un peuple passe avant le confort moral des spectateurs.

La grande maladie de l’Occident contemporain est là. Il ne sait plus distinguer clairement entre l’agresseur et celui qui se défend. Il ne sait plus penser la guerre autrement que comme un scandale symétrique. Il met sur le même plan l’idéologie exterminatrice et la riposte d’un peuple menacé. Il a remplacé le jugement par l’équivalence, la lucidité par la posture, la justice par la mise en scène de la compassion abstraite.

Cette faiblesse n’est pas de la bonté. C’est une démission.

On parle sans cesse de paix. Mais de quelle paix parle-t-on ? De la paix des cimetières ? De la paix des peuples sommés d’accepter qu’on menace leurs enfants sans jamais aller jusqu’au bout de la réponse ? De la paix imaginaire des rédactions, des ONG bavardes, des chancelleries repues, des diplomaties sans colonne vertébrale ? Une paix qui laisse intacte la volonté de détruire n’est pas une paix. C’est un report. Une parenthèse. Une fraude.

Israël, lui, n’a pas le privilège des abstractions. Pour lui, la menace n’est pas un concept. Ce n’est pas un débat universitaire ni un exercice rhétorique. C’est un missile, un bunker, une sirène, un nom gravé sur une tombe, un enfant arraché au sommeil, une mère qui attend, un soldat qui manque à table. Et c’est surtout une vérité historique que les Juifs connaissent mieux que quiconque : celui qui annonce sa volonté de vous effacer doit être pris au sérieux avant qu’il ne soit trop tard.

C’est là que la question devient morale au sens le plus fort. Non, neutraliser le mal agissant n’est pas immoral. L’immoralité commence au contraire lorsqu’on laisse agir, par faiblesse ou par lâcheté, ceux qui veulent tuer. Une société qui hésite indéfiniment à désarmer l’ennemi mortel finit toujours par demander à ses innocents de payer le prix de ses scrupules tardifs. Il y a des moments où ne pas frapper suffisamment n’est pas de la modération, mais une faute.

Évidemment, les belles âmes s’indignent dès qu’on rappelle cette évidence. Elles parlent d’escalade, de disproportion, de spirale. Elles s’émeuvent quand la guerre devient visible, jamais quand la haine s’organise dans la durée. Elles se réveillent quand Israël agit, jamais quand ses ennemis jurent de recommencer. Leur morale est simple : l’agression peut être théorique, rituelle, chronique, programmée, presque pédagogique ; seule la riposte doit être immédiatement contrôlée, encadrée, moralisée, limitée, culpabilisée.

Cette morale-là est pourrie.

Elle ne protège pas la paix. Elle protège le droit du mal à rester debout. Elle ne sauve pas les peuples. Elle leur apprend à vivre sous menace permanente. Elle ne désarme pas les fanatiques. Elle exige seulement que leurs victimes restent présentables.

Israël ne peut pas accepter ce rôle. Il n’a pas retrouvé sa souveraineté pour devenir le cobaye moral d’un monde qui ne croit plus assez en lui-même pour nommer ses ennemis. Il n’a pas reconstruit un État pour quémander, à chaque génération, l’autorisation de ne pas mourir. La souveraineté signifie autre chose : le droit, et même le devoir, de protéger son peuple contre ceux qui organisent sa disparition.

Il faut ici être très clair. Neutraliser un ennemi mortel ne signifie pas adorer la force. Cela ne signifie pas perdre son âme, ni se livrer à une brutalité sans règle. Cela signifie reconnaître qu’il existe des circonstances où la force n’est pas le contraire de la morale, mais son instrument tragique. Il y a des situations où l’usage résolu de la puissance est la condition pour que la vie, la loi et la dignité continuent d’exister.

C’est précisément ce que tant de commentateurs refusent à Israël : le droit d’être tragique. On l’autorise à souffrir, on l’autorise même parfois à se défendre, mais on ne lui pardonne jamais de vouloir sortir du cycle infernal autrement qu’en tendant l’autre joue stratégique. On exige de lui une sainteté politique qu’aucun autre État n’a jamais incarnée. Et quand il refuse ce marché absurde, on l’accuse de dureté, comme si le vrai scandale n’était pas la menace qui pèse sur lui, mais la détermination avec laquelle il entend y survivre.

Le fond du problème est simple : une grande partie du monde préfère un Israël vulnérable à un Israël décisif. Un Israël assiégé reste commode ; il nourrit les conférences, les indignations, les équilibres diplomatiques et les illusions morales. Un Israël qui neutralise réellement ceux qui veulent sa mort oblige chacun à choisir son camp. Or notre époque déteste choisir. Elle préfère le flou, l’ambivalence, les cessez-le-feu de façade, les accommodements avec la haine, la prolongation indéfinie du danger sous prétexte d’éviter le pire.

Mais le pire, précisément, naît de cette faiblesse. On ne conjure pas le fanatisme par des communiqués. On ne désarme pas la volonté exterminatrice par des équilibres de langage. On n’obtient pas la paix en laissant intacte la capacité de recommencer. Chaque fois qu’Israël est arrêté trop tôt, chaque fois qu’on lui intime de suspendre l’effort avant d’avoir réduit la menace à un niveau supportable, on ne prépare pas la paix : on prépare la récidive.

Il faut donc sortir de l’infantilisation morale. La question n’est pas de savoir si la guerre est belle. Elle ne l’est pas. La question est de savoir si un peuple libre a le droit de ne pas laisser en place ceux qui promettent son anéantissement. La réponse est oui. Sans gêne. Sans tremblement. Sans s’excuser d’exister.

Israël n’a pas à demander pardon de vouloir vivre. Il n’a pas à s’excuser de refuser le retour à l’impuissance juive. Il n’a pas à plier devant ceux qui trouvent toujours excessif que les Juifs cessent enfin d’être de bonnes victimes. Il a le droit élémentaire d’empêcher qu’un projet de destruction mûrisse jusqu’à son terme.

Assez de sermons. Assez de trêves mensongères. Assez de cessez-le-feu conçus pour sauver la face des assassins et ligoter la main de ceux qui se défendent.

Lorsqu’un ennemi proclame qu’il veut votre mort, le neutraliser n’est pas un excès. C’est le commencement de la responsabilité.

Quelques mots sur l’auteur : Rony Akrich, 70 ans, écrivain, essayiste et conférencier en Israël, fondateur en 2018 de l’Université Populaire Gratuite / Café Daat (Jérusalem, Ashdod).

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