DES JUSTES SANS FOI

by Rony Blog
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La manipulation des masses est apparue dès que l’homme dans son histoire fut capable de se composer en communautés hiérarchisés et d’utilités différentes. Les responsables cherchant à accroître et à conserver leurs pouvoirs, manœuvraient les masses crédules et ce afin d’entretenir leurs intérêts et leurs ambitions. Une des tournures usuelles de ce procédé manipulatoire est de corrompre le comportement d’un objectif désigné en changeant sa perception du réel. Le résultat à atteindre étant toujours de maintenir une solide emprise sur l’objectif par une situation de dépendance psychologique et matérielle.

Ce sujet n’est pas nouveau, la bible nous le relate a propos de l’épisode des « explorateurs » qui tenteront de manière pernicieuse une falsification de l’histoire :

« Et Moïse les envoya (les
explorateurs)… ils étaient tous, des personnalités éminentes » (Bamidbar 13,3),
cela signifie que tous étaient des justes et des dirigeants d’Israël.
Cependant, pourquoi eurent-ils un si mauvais dessein ? Ils pensaient qu’en
entrant dans le pays, ils allaient être démis de leurs fonctions que Moïse
désignerait d’autres gouvernants à leur place. Nous ne méritons d’être des
dirigeants que dans le désert, dans le pays nous ne méritons pas de devenir des
dignitaires! En conséquence de quoi ils moururent dans le désert ainsi que tous
ceux qui suivirent leurs conseils pernicieux. Rav H’iya et R. Yossi pleurèrent;
R. José dit alors : « Israël fut exilé de son pays, le temple détruit après
qu’ils se soient rendus coupables devant l’eternel. Les dirigeants-justes du
peuple étant les initiateurs du péché, c’est ainsi qu’il est écrit : « Oh mon
peuple, ceux qui te dirigent t’ont induit en erreur, et ont détruit la voie de
tes chemins » (Isa. 3,12) : car lorsque ceux qui dirigent le peuple fautent,
tous les autres les suivent. (Zohar ha Kaddoch III 20b)

Ces princes d’Israël, ces
sommités spirituelles se revendiquent comme porte parole d’une tourbe humaine,
nouvellement libre. Leur pouvoir de domination s’avance masqué, il prend
l’aspect plus ou moins trompeur d’une des formes du pouvoir de direction ou de
leur combinaison. Ce dernier type de pouvoir est l’idéal régulateur indispensable
de la vie politique, ils doivent apprendre à l’exploiter, ils doivent en
permanence s’y référer dans leurs discours. L’intérêt supérieur de la nation, du
peuple, de l’entreprise sont censés commander leurs décisions et leurs actions,
même et surtout lorsqu’ils font usage de la force ou de la menace de mort ou
d’exclusion.

La stabilité des
institutions est affaire de pouvoir de persuasion accompagné de fermeté; la
persuasion joue sur les motivations des individus en les détournant, voire en
les corrompant, dès lors qu’elle prétend les asservir à des fins de domination.
Or seule la vérité est libératrice car seule elle rend possible une action
visant à transformer le réel selon des fins lucidement évaluées. Le mensonge,
le faux-semblant, les leurres mettent en scène des fantasmes, plus ou moins
inconscients; en les présentant comme réalisables à la condition de se plier
aux ordres de celui qui détient le pouvoir ou y prétend. Ce ne sont, à la
longue, que des manipulations décevantes qui à coup d’illusions préparent la désillusion,
la démotivation, ou pire, la haine de soi et des autres si ce n’est la
violence.

Le Or Ha’haïm akadosh
(rabbi Haim Ben Attar) écrit que les dirigeants-justes d’Israël à travers les
générations seront tenus pour responsables de la permanence de l’exil, car ils
auraient dû inciter les enfants d’Israël à aimer Eretz Israël. ( Vayiqra 25
:25)

Les limites du pouvoir
rationnel découlent de son caractère autocratique: il s’arroge le monopole de
l’ordre de la raison contre le désordre des passions. La raison, dans toute
décision, est constamment entrelacée de désirs à la signification et à la
valeur ambiguës chez les dirigeants, comme, sinon plus que, chez les dirigés.

Les gouvernants, en
prétendant diriger au nom de la raison et non pas au nom des dirigés eux-mêmes,
d’une part dépossèdent ceux-ci de leur propre faculté de délibération
rationnelle. Ils réduisent les individus à n’être que des citoyens passifs,
incapables de mettre en œuvre les signes suffisants de la reconnaissance de
soi, ce qui rend leur consentement problématique quelque soit la validité objective
des décisions prises. D’autre part, ils les rendent incapables de s’améliorer
par eux-mêmes en leur refusant de prendre conscience sur la base de
l’expérience de la décision et de l’action politique de leurs erreurs et des
moyens de les corriger. Ainsi, nos princes peuvent-ils s’octroyer le droit de
dénigrer et de contrecarrer le projet divin.

« Mes amis et mes
frères, ne prêtez pas attention à ceux qui calomnie le pays, même s’ils sont
véritablement justes. Car, comme je l’ai mentionné ci-dessus, le brillant
mentor d’Eretz Israël, R. ‘Haïm Zonnenfeld z’l, en s’inspirant des propos de
l’auteur du livre « Chné Lou’hot Habrit  » , rapporta que même les Tsadikim
peuvent agir comme les espions de la génération du désert. Prenez conscience
que tous ceux qui s’opposent à l’Alyah, à la construction, au repeuplement du
pays font partie du camp des espions. Et, tous ceux qui choisissent l’Alyah
font partie du camp de Yéhochoua et Calev….. »

De par leur « aura »
fallacieuse ils entrainent un Israël bouleversé vers les bas fonds de
l’histoire. La plupart des hommes sont faibles au niveau des émotions, ils ne
savent pas s’élever au-dessus de l’émotionnel. Dans l’optique de la
manipulation, il n’est pas non plus bon qu’il puisse apprendre à se dépasser.
Soulever en eux une émotion forte, c’est les pousser dans une direction, il
suffit de choisir laquelle ou par exemple de désigner un ennemi. La première
des émotions capable d’exercer un empire extraordinaire sur les êtres humains
est la peur. Il est évident que celui qui saurait avec habileté manipuler la
peur, serait un grand manipulateur.

« Nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est
plus fort que nous. Et ils décrièrent le pays qu’ils avaient exploré, en disant
aux enfants d’Israël: le pays que nous avons parcouru pour l’explorer est un
pays qui dévorerait ses habitants; quant au peuple que nous y avons vu, ce sont
tous gens de haute taille. » (bamidbar 13, 31-32)

Maintenir en permanence
les hommes dans l’effroi, ce serait les rendre très influençables. En revanche,
si les hommes pouvaient se libérer de leur frayeur, on ne pourrait plus les
manipuler. On ne peut rien faire non plus avec quelqu’un qui connaît et
maîtrise ses émotions. Dans le domaine de la ruse, la peur ne doit pas être
brutale, sinon elle est remarquée. Elle doit être constante et diffuse, être
partout, protéiforme, de telle manière que les hommes ne soient jamais en
sécurité. En conséquence il serait bon, pour manipuler les hommes, de créer,
d’entretenir un climat d’insécurité et de peur constante; Il serait adroit de
se servir des médias pour déverser en permanence dans la conscience collective,
des suggestions de peur et d’angoisse sous couvert d’informations.

Les moyens de la
manipulation se situent dans deux extrêmes. Désinformer tout d’abord, retenir
soigneusement toute information d’une importance capitale qui serait
susceptible de mettre l’esprit sur le chemin de la vérité. Puis il faudra
informer tout en restant allusif, partiel, très fragmentaire, souvent erronée
et distribuée l’info à petite dose. Il faut que les hommes aient l’impression
d’être éclairés, mais ce doit être une simple impression. On ne doit jamais
révéler l’essentiel et ne diffuser que l’accessoire. Il faut si possible
discréditer les sources sérieuses et entretenir une information officielle
convenue. Donner le sentiment aux gens qu’ils sont informés et qu’ils ont même
de la chance de l’être par rapport à la condition maudite des pays totalitaires
où l’information ne circule pas.

Leur donner cette fierté, celle de penser savoir,
d’être avisé, est important mais cela ne veut pas dire être très rassurant. Il
faut laisser planer l’inquiétude qui amène les gens à faire confiance dans un
pouvoir qui les protège. Il faut travailler à façonner un sens commun que l’on
répètera en boucle, de telle manière qu’il puisse dans l’esprit du public
remplacer le bon sens. On
se souvient de la déclaration de Mr Daniel Seaman, directeur du bureau de
presse gouvernemental: « C’est une mise en scène. Les soldats israéliens
n’avaient pas la possibilité de toucher Mohamed Al Dura depuis leur position.
C’est un acte de pure diffamation contre l’état d’Israël. Ce genre

d’accusation a
provoqué des pogroms par le passé et dans le cas présent cela a terni l’image
d’Israël et surtout entraîné des dizaines de morts. » Il ne faut
jamais solliciter le bon sens, mais au contraire l’intoxiquer, le mettre dans
la confusion. Avec les moyens actuels de la retouche photo et vidéo, on pourra
par truquage prouver en fabriquant des faux avec une facilité déroutante. Le
comble, c’est que l’argument inverse peut aussi être utilisé : en présence d’un
vrai document, on pourra toujours dire que c’est un faux et détruire sa
crédibilité en tant que preuve. Pour jeter dans la confusion l’opinion :
crédibiliser par le faux et décrédibiliser le vrai en invoquant
systématiquement le trucage. Quand les gens ne savent plus où est le vrai et où
est le faux, ils finissent par seulement chercher le rassurant et sur ce
registre, il est facile de donner le change.

« Voyez ! Qui de nos
jours est suffisamment arrogant et infatué de sa personne pour traiter les
pionniers immigrants ‘’d’affreux’’ ou de ‘’mauvais’’ (D-ieu préserve) ?…. »

Ces propos confirment donc
la légèreté de l’intérêt que portent certaines communautés membres du peuple
juif pour la Terre d’Israël, laissant même parfois déceler une incompréhension
profonde de la vitalité du lien qui unit le peuple d’Israël à sa terre. Or ce
rapport conflictuel et ambivalent prend sa source bien avant l’anecdote contée
par Rabbi Yéhouda Halévy dans le Kouzari où il cite le fameux précédent d’Ezra
et de Néhémie, intervenu après la destruction du Premier Temple: déjà en ces
temps, ces deux leaders incontestés de la diaspora de Babylone avaient appelé
le peuple juif au retour en Eretz Israël : or seule une infime partie des
exilés avait répondu favorablement à cet appel.

« ….Qui peut
condamner l’action de ces pionniers, les dénigrer ou les calomnier ? C’est avec
une véritable abnégation qu’ils ont réussi à construire un pays florissant.
Sans le savoir, ils ont accompli l’important commandement positif de ‘’Vous la
possèderez et vous y habiterez’’ (Dévarim 17 :14, 26 :1… J’affirme sans
hésitation que leurs actions plaisent au Saint béni soit-il et leur récompense
est extrêmement grande…. »

La faute des explorateurs
laisse percevoir deux faiblesses de base: elle montre comment le peuple a été
manipulé et comment il n’a pu transcender son matérialisme et répondre à la
parole divine. Elle prouve aussi que les enfants d’Israël ont été mal éduqué et
mal orienté, d’où une mauvaise interprétation du sens de leur tâche et de leur
mission tout au long des siècles. Lorsque nos ancêtres ont pleuré lors de cette
nuit du Neuf Av, nos Sages ont déclaré que ces pleurs étaient injurieux et ont
dit : « Vous avez pleuré en vain ! Eh bien, vous pleurerez un jour tout au
long des générations ! » (Taanit, 29 a). Et D’… sait ô combien de larmes
avons nous dû versé durant deux mille ans d’un exil dramatique.

« …. Je souhaiterai
seulement que mon destin soit lié a celui de ces valeureux pionniers. Nous
devons, seulement, les solliciter à suivre dès à présent les voies d’Hachem et
de tout faire dans l’esprit de la Torah, d’après les instructions des sages de
la génération. Nous réaliserons cela, avec l’aide de Dieu, lorsque nous serons
capables de les approcher, avec amour et respect. Les mots doux du sage seront
entendus, et non pas les gros bruits et les cris. Ainsi, ils se rendront à
l’esprit de la Thora et craindront D-ieu, et ils réussiront à se purifier,
comme Ezra le fit. Il était capable de rapprocher les fauteurs de la Thora et
de la sainteté et eux virent qu’il se liait d’amitié, qu’il ne les éloignait
pas. Ceci est vrai et clair pour quiconque veut voir la vérité. Rav Yissa’har
Chlomo Teikhtel zatsal (Em ha Banim Sémé’ha, Chapitre 3 écrit en1943)

De nos jours également, le
Maître du monde opère de grandes révolutions et fait descendre les souverains
de leurs trônes. Tout cela est-il le fait du hasard ? D’un désordre anarchique
? C’est tout simplement, Dieu incognito! Ouvrez vos yeux et voyez !

Nous ne sommes pas des extra-terrestre,
Dieu soit loué, nous nous fions a nos maitres qui tout au long des siècles ont fixé
« les signes évidents du début de la fin ». Il faut avoir des oreilles
et des yeux pour discerner ce qui s’est passé pendant ces 63 dernières années.
Le prophète Isaïe interpelle:

« Sourds, écoutez;
aveugles, ouvrez les yeux et voyez ! Qui est aveugle, sinon mon serviteur,
sourd sinon le messager que j’envoie Qui est aveugle comme le favori du
Seigneur, aveugle comme le serviteur de l’Eternel ? » (Isaie 42, 18 et 19)

Les « Talmidé Hakhamim » (les justes)
ainsi que nos dirigeants qui sont appelés ici serviteurs et messagers de
l’Eternel sont sourds et aveugles! Quel drame douloureux! Eux qui devaient être
les anges du « Service », les envoyés de Dieu sont devenus mal
entendant et non voyant. Or il y a tellement de choses à voir et à entendre
aujourd’hui, que seuls ceux qui en seront capables prépareront le peuple vers ces
lendemains tant espérés, tant souhaités.

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