ENTRE LA BELLE ET LA BETE

by Rony Blog
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Quelques-unes des hypothèses modernes de la psychologie prétendent démêler les profondeurs occultes de l’âme humaine, elles affirment que l’homme ne serait mû en fait, que par l’instinct de conservation ou bien l’instinct sexuel.
D’autres grands psychologues ou psychanalystes comme Adler, ont aussi présumé que c’est le statut social ou ce que les moralistes avaient déjà appelé «la recherche des honneurs et de la gloire» qui préoccupe en priorité la personne humaine. On pourrait nous inciter également à admettre la théorie de Darwin qui, se référant aux calculs de Malthus, assurait qu’il n’y aurait à l’avenir plus assez de nourriture sur Terre pour l’ensemble de l’humanité, et que seuls les plus forts survivraient.
Par conséquent, n’est-ce pas la devise «Etre égoïste, ou ne pas être» qui devrait devenir la règle de base de l’homme? Y a-t-il encore une place pour les justes dans ce monde?
L’égoïsme s’immisce dans toutes les figures de l’activité humaine et recouvre tout.
C’est lui qui allonge les tentacules de son pouvoir à tous les niveaux de la vie, c’est lui qui conserve, abrite, C’est encore lui qui conteste à l’âme, altère l’esprit, frappe le corps et immobilise la volonté au cœur de la société.
C’est l’égoïsme qui, ne rêvant qu’à lui-même, agit en retrait, toujours caché.
C’est toujours en son nom, que l’on perpètre les pires trahisons.
C’est l’égoïsme qui assassine l’amour et le démolit, parce qu’il est à l’origine du désaccord et de la scission. C’est l’origine même de la séparation entre le corps et l’esprit.
L’égoïsme est l’archétype du mal.
Dans son commentaire sur le livre des prières, le Rav Kook souligne ce concept essentiel de pureté originelle de l’âme humaine. Durant son passage sur Terre, l’être humain peut emprunter le plus mauvais des chemins, et se conduire comme une bête sauvage, mais son âme demeurera éternellement pure.
Toutes les figures de dépravation, d’impureté et de violence ne peuvent parvenir à éteindre la lumière perpétuelle qui habite au fond de notre âme; elles ne peuvent que l’affaiblir et la dépouiller de son éclat.
C’est D.ieu qui a insufflé la vie à l’homme. Kant lui-même ne se disait-il pas étonné par deux choses: les espaces infinis et la conscience morale de l’homme?
Malgré ses difficultés et ses blessures, l’être humain dispose en son for intérieur de cette Neshama Tehora cette «âme pure» que l’Eternel lui a octroyée, et rien, ne pourra l’en priver.
De ce fait je saisis mieux l’affirmation selon laquelle «Le penchant du cœur de l’homme est mauvais depuis son enfance» (Genèse VIII, 21), ne s’oppose guère au verset de l’Ecclésiaste qui déclare que «D.ieu a créé l’homme droit» (VII, 29). Bien entendu, il est primordial de différencier le phénomène existentiel du phénomène de l’essence. Le fondement de l’homme, c’est son intellect, sa spiritualité et son intériorité, incontestablement, il devra se dépasser face aux dures épreuves avant que ces propres capacités ne se révèlent.
L’homme est foncièrement droit, mais son rendez-vous avec la réalité du Monde ici-bas ébranle cette notion essentielle et cache tous ses indices d’opinion.
 
 

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