Ethique du plaisir

by Rony Blog
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Dans la tradition juive, Hanouka marque, entre autres, la victoire des Hasmonéens sur les Grecs. Autrement dit: celle de la lumière sur les ténè­bres.
Il ne s’agissait pas là d’un simple combat pour l’indépendance territoriale, mais également d’une lutte rude pour que le peuple juif préserve son indépendance spirituelle, culturelle et religieuse.
Chaque confrontation, fusse-t-elle d’ordre politique, social ou économique, a toujours comme fondement un combat moral ou spirituel. Une bataille peut être gagnée par la force physique, mais la guerre quant à elle est toujours remportée par le droit moral.
Or une question s’impose: pourquoi serions-nous donc si fermement opposés à cette fameuse culture grecque qui a produit des philosophes tels que Platon et Aristote, et dont la richesse intellectuelle et artistique n’a jamais été démentie? Le judaïsme serait-il une religion renfermée sur elle-même reniant le savoir et la science?
Le conflit qui nous oppose à l’hellénisme remonte bien loin dans notre histoire, et plus précisément à Noé qui eut trois fils Sem, Ham et Yaffet, qui constituent la racine de l’ensemble de l’humanité. Sem est désigné comme préposé aux affaires morales divines et spirituelles. Plus loin, nous lisons: «La beauté de Dieu est à Yaffet, et elle résidera dans les tentes de Sem».
Yaffet se voit donc confié l’aspect esthétique les arts et la science, mais cela n’a rien de négatif puisque ces domaines particulièrement matériels vont ensuite rejoindre la tente de Sem pour y résider. Ce qui signifie qu’il existe une possibilité de lien étroit entre l’esthétique et le spirituel, mais à une seule condition: que l’esthétique et l’art du beau soient en parfait accord avec la moralité et la spiritualité.
 Il subsiste une distinction fondamentale entre la science et la morale: nous pouvons recueillir le savoir de l’ensemble des nations, mais quant à la morale elle ne peut être recueillie que de source divine. Alors que la science est descriptive et recense «ce qui est», la morale est normative et prescrit «ce qui doit être».
Le judaïsme n’est jamais parti en guerre contre l’intellect grec, mais contre les produits de débauche de cette société grecque antique qui mettait en valeur le plaisir, sans aucune autre contrainte morale.
L’un des exemples les plus significatifs à cet égard est cette «loi de la première nuit», «Jus prima noctis», qui stipulait que les gouverneurs grecs avaient le droit de profiter des femmes mariées pendant leur nuit de noces. Leur objectif était de violer cette pudeur qui représente, pour nous Juifs, l’un des fondements de notre vie.
Les plaisirs de ce monde-ci ne sont en aucun cas bannis. Mais il existe une fine différence entre le fait d’être bassement asservi aux plaisirs de ce monde, sans aucune limite, et le fait de les considérer comme des instruments nous permettant de parvenir à l’idéal le plus cher. L’esthétique ne constitue pas une valeur en soi, mais elle pellt devenir le moyen de réaliser nos idéaux les plus élevés, et un instru­ment permettant à l’homme de se sentir bien sur terre afin de parfaire ses devoirs et d’affiner sa conduite. L’idéal humain est de faire le bien et cela, est son véritable bonheur.
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