LE RETOUR DES HEBREUX! – Rony Akrich

by Rony Akrich
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LE RETOUR DES HEBREUX! – Rony Akrich

Mais alors que les Juifsdispersés se rassemblent et se rétablissent sur leur Terre, par la même ils divulguent à la face d’une Humanité pantoise que l’Eternel est sincère et authentique, que la Torah ne s’est guère fourvoyée, que la Sentence divine quant à l’Eternité du peuple d’Israël est immuable!
Les manifestes prophétiques annonçant la renaissance du peuple juif ne sont point des réconforts anodins et erronés.
Quand le verbe prophétique s’accomplit au vu et su de peuples agités par l’émotion, il ne peut y avoir de plus éminente sanctification du nom de D.ieu.
Ezéchiel continue et signe : «Ils y demeureront en sécurité, ils bâtiront des maisons, planteront des vignes et demeureront en sécurité. Parce que Je ferai justice de leurs ennemis d’alentour et ils reconnaîtront que Moi, le Seigneur, Je suis leur D.ieu.» (28,26).
La reconstruction et l’agriculture s’additionnent ici un troisième concept non moins constitutif, la sûreté nationale; voici donc des concepts qui précédemment cités assurent la pérennité du Peuple juif sur sa Terre.
A plusieurs reprises la sécurité d’Israël se présente comme un sujet prépondérant, car tout en espérant des jours meilleurs où l’Humanité convertira son épée en soc de charrue, nous devrons posséder une armée de défense forte et vigoureuse.
Il n’est guère aisé de mettre fin à deux mille ans de torpeur, et il n’est jamais facile de s’arracher même du plus fastueux des tombeaux.
Cette foncière mutation des conditions d’existence s’accompagne généralement de coups et de blessures, de discordes et d’ennuis de tout ordre. Concrètement, l’allégresse ressentie en participant et en étant le témoin du rassemblement des exilés se mêle souvent aux souffrances provoquées par la contestation barbare et grossière de nos ennemis, qui nous préfèrent, de loin, dans nos cercueils millénaires. L’exaltation ressentie lors de la réédification du pays, de sa nouvelle floraison, s’obscurcit aussi de par les épreuves à traverser pour garantir l’intégralité de la Terre promise et donnée à notre Peuple.
L’illustre adage romain certifie «Si vis pacem para bellum, si tu veux la paix, prépare la guerre».
Notre maître Maïmonide fit de même dans son ouvrage concernant les lois relatives à la vie nationale, voulant ainsi nous apprêter à une cruelle réalité, celle des hommes, vils et méprisables.
Depuis notre indépendance et jusqu’à ce jour le terrorisme arabe frappe violemment notre population civile innocente, nous avons aussi combattu nombre de fois, au cours de guerres sanglantes, afin de nous défendre et d’assurer notre futur.
La sérénité tant promise par nos Prophètes lors du retour au pays reste toujours précaire et incertaine. Nous remarquons deux genres de quiétude, le premier brosserait un tableau idéal où une paix et un amour utopique régiraient les peuples du monde et le second, plus pragmatique, imminent et tangible, fondé sur une aptitude à nous protéger et à paralyser la barbarie de l’adversaire par une guerre défensive.
Ézéchiel, toujours lui, nous avait prévenus que la Paix dont parlait la Torahn’était pas nécessairement construite sur les paisibles aspirations de nos voisins, mais se fondait à jamais sur la peur que nous leur inspirions: «J’amènerai la paix sur Terre, et vous dormirez sans crainte… Et le glaive ne traversera pas votre pays. Et vous poursuivrez vos ennemis … Ils tomberont sous votre glaive. Cinq d’entre vous en poursuivront cent, et cent d’entre vous en poursuivra une myriade … Et vos ennemis tomberont devant vous par le glaive ». (Vayikra 26, 6-8).
Il est vrai que le propos rapporté ici peut paraitre contradictoire car le verset réunit la notion de paix avec la traque de nos ennemis.
Certes la réalité n’a rien d’idéal mais avouons sans crainte que notre présent ne ressemble en rien à notre hier et qu’il nous assure malgré tout une certaine sécurité et une paix relative.
À l’époque de nos pérégrinations dans les méandres d’exils tragiques et dramatiques nous devions supporter brimades et vexations, carnages et génocides.
Aujourd’hui, nous avons de nouveau la possibilité de dormir apaisés dans nos foyers, car nous disposons d’une armée qui nous défend et s’il le faut, pourchasser nos ennemis où qu’ils soient.
Soyons les obligés de l’Eternel D.ieu d’Israël, six millions de Juifs inspirent la crainte, si probante, à des centaines de millions d’êtres fanatiques et ne rêvant que de la destruction d’Israël. Ce ne sont toujours pas les fameux rapports de force enseignés par la Torah dans le verset précité, mais nous nous en rapprochons de plus en plus.
Assurément, nous souhaitons que notre puissance militaire et notre confiance en l’Eternel dissuadent qui que ce soit d’une guerre éventuelle, pour le moment tout du moins pouvons-nous être certains que, dans un avenir proche ou lointain, «Le glaive ne traversera pas votre territoire».
Si une guerre s’avérait inévitable, elle se mènera, nous l’espérons, en territoire ennemi afin que nous puissions, avec nos anciens, nos épouses et nos petits, demeurer en paix dans nos logis et en sûreté sous nos vignes.
La liaison entre le peuple juif et sa Terre est semblable au lien entre l’époux et sa conjointe. Le Cantique des Cantiques est renommé pour ses hymnes encensant l’amour entre D.ieuet Son peuple. Mais le Prophète Isaïe est plus précis encore quand il invoque l’amour intégrant le peuple d’Israël, Adam, avec la Terre d’Israël Adama, le décrivant comme un amour quasi charnel: «Pour Sion, je ne me tairai pas, et pour Jérusalem je ne resterai pas dans le silence, jusqu’à ce que sa justice apparaisse dans toute sa splendeur et que son salut luise comme un flambeau … Je ne me tairai point jusqu’à ce que D.ieu ramène Sion à sa splendeur d’antan. Et les nations verront la bonté que Je ferai envers toi … et on t’appellera par un nouveau nom que D.ieu désignera.» (Isaïe 62, 1-2).
C’est l’Humanité toute entière qui sera alors interpellée à reconnaître l’absolue abnégation du peuple juif pour sa Terre et ses efforts pour la mettre en valeur. Cette Terre obtiendra alors un nouveau nom, un nom divin, même si ses architectes ne sont pas formellement des gens purement fidèles aux lois religieuses. Le moment est venu de conserver la force d’esprit qui nous est nécessaire en nous élevant au-dessus des polémiques internes de notre peuple, afin de nous rendre disponibles pour ce Projet divin, et maintenir intacte notre Foi inébranlable en notre Terre. Car c’est à travers elle que nous retrouverons enfin le secret de notre pérennité en tant que peuple, ce secret qui dort depuis bientôt deux millénaires, profondément enfoui en son sein.

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