TOLERANCE ET AMOUR Rony Akrich

by Rony Blog
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La valeur spirituelle de l’homme possesseur d’une âme divine se révèle par la parole. Et, celui qui faute par la parole, faute par ce qui fait l’homme homme. D’où la gravité du Lachone Hara, la médisance, qui est la destruction même de la personnalité. Il faut rappeler que la véracité des propos tenus ne supprime pas le Lachone Hara et que leur caractère mensonger aggrave la faute: « motsi chem ra ».

Certains milieux qui se considèrent comme strictement pratiquants, se permettent de tenir des propos diffamatoires sur les autres individuels ou collectifs du peuple juif et de bafouer l’honneur des Sages qui n’appartiennent pas à leur faction.

« Ne dénigre pas l’esclave auprès de son maître, Dieu te maudirait et ta faute serait punie », ce qui signifie, comme l’explique le Gaon de Vilna, qu’il est interdit de dénigrer le peuple juif, même s’il est composé de pécheurs, et, « Dieu hait celui qui dénigre ses enfants, même si c’est un homme saint ». Maïmonide dans sa célèbre lettre sur le Kiddouch Hachem, fournit une liste impressionnante de géants spirituels qui ont été sévèrement punis pour avoir dénigré le peuple juif, par exemple Moïse, Elie et Isaïe.

Un homme racontait à tout venant et en termes extrêmement crûs, que le judaïsme national-religieux était un milieu d’indécence et de relâchement moral entre jeunes gens et jeunes filles. Il est vrai qu’il faut se montrer plus vigilant en matière de tsniout (décence, pudeur), mais il faut également éviter de généraliser en accusant et en diffamant tout un groupe, dans son ensemble. Les propos de cet homme, dit pieux, constituent un délit pire que tout l’égarement moral possible et imaginable Nos sages ont d’ailleurs exprimé avec véhémence que le lachone hara est une faute plus grave que la débauche. « Celui qui raconte du lachone hara commet une faute plus grande que les trois fautes réunies: l’idolâtrie, la débauche et le meurtre « .

Le Talmud raconte également que des gens pervers prenaient plaisir à humilier le roi David en faisant sans cesse allusion à l’épisode de Batsheva, et David leur répondit un jour: « mieux vaut encore pénétrer dans le doute d’un adultère que d’offenser son prochain en public … car celui qui commet un adultère est passible de mort, mais a droit au monde futur, alors que celui qui couvre de honte son prochain en public, n’a pas de part au monde futur ». .

Il importe donc de se débarrasser des « critères conventionnels de piété » qu’emploient ces gens « pieux » (inamovible) qui, statuent de la piété d’un individu ou d’un groupe en fonction d’un certain nombre de mitsvot ou d’averot (transgressions) arbitrairement choisies, et en leur affectant des coefficients d’importance contraires à ceux que les Sages leur ont donnés.

Notre qualité d’être humain nous ayant été si souvent niée, il arrive parfois que l’on oublie d’insister sur la valeur inestimable de chacun, qu’il soit comme moi ou qu’il ne le soit pas. Les maîtres, en commençant par eux-mêmes, doivent absolument insister sur ce point car son oubli peut être porteur des pires dangers.

 

 

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