APHORISME DE RONY AKRICH

by Rony Akrich
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APHORISME DE RONY AKRICH

Depuis la nuit des temps, les hommes sont maintenus volontairement dans un état d’apathie spirituelle, une inertie de l’intelligence.
Un esprit paresseux dérape sur les penchants du plagiat, vers une foi où la pensée est unique. Il trahit l’essence même de son existence, il entérine son manque de courage à réfléchir, à user de sa propre raison.
A l’opposé, ces attitudes soumises expliquent la facilité avec laquelle, dans tous les domaines, les maîtres de la pensée religieuse ou pas, parviennent à maintenir, aussi aisément, leur emprise absolue. Concrètement, nulle raison de juger par soi-même, il suffit de faire un copier/coller de la doxa religieuse ou non.
Pourquoi s’interroger en matière de morale et de savoirs multiples?
Il suffit de suivre l’autorité religieuse ou pas, toujours omnisciente et omnipotente.
Une existence humaine devenue un insignifiant troupeau conformiste, trainée volontairement, le sourire aux lèvres, jusqu’aux abattoirs de toute pensée critique.
Quel dommage de ne pas oser débroussailler son chemin et marcher vers son autonomie!… paralysés par une seule crainte: la solitude. Néanmoins, il est encore possible à l’homme de se reprendre, de comprendre, d’entendre autrui et de discerner l’ignoré. Une seule condition à cela: vouloir être libre afin d’accéder à la connaissance pluriel des savoirs.
De tout temps, des hommes se sont dressés contre les dictatures de la pensée unique. Ils ont délivré les soumis de leur joug, rédempté la conscience humaine, redoré son blason et lui ont offert ses lettres de noblesse. L’Homme a ainsi retrouvé son amour propre, sa dignité de penser par lui-même. C’est au fond le rôle méritoire et sérieux de l’enseignant, du rabbin, il se doit d’enseigner les lectures multiples, les diverses écritures, l’esprit libre et acéré. Si l’homme ne met pas à pleine contribution son intelligence, il restera immature, l’objet de sa propre histoire et jamais n’atteindra la sagesse raisonnable. Cette situation déliquescente génère, sans l’ombre d’un doute, une totale insuffisance à se servir de sa propre réflexion sans l’autorité d’un tiers pensant. Certes l’enseignant soutient pendant un moment le développement de l’arbrisseau, mais il devra s’en séparer, inévitablement, une fois l’arbre parvenu à maturité. Sortir de sa soumission et retrouver la souveraineté de sa raison critique est un impératif moral pour l’Homme.

Rony Akrich

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