Je renie à jamais les cultes rapportés,
Je crois à l’être hébreu, sa promesse, sa voie.
Nous avons relevé nos murs et nos foyers,
Rendu l’âme à la terre, et l’honneur à la loi.
L’exil n’est plus aux mers, il demeure en nos cœurs,
Le ghetto, sous l’encens, reconstruit ses clôtures.
La peur drape son joug de scrupules trompeurs,
Et couvre de sainteté ses froides impostures.
Ils invoquent le pur, mais désertent le juste,
Ils nomment Torah l’ombre où s’éteint toute voix.
Le prophète appelait l’homme à se faire juste,
Eux courbent la vérité sous le silence étroit.
Nous voulons l’hébraïté, souveraine et entière,
Une foi de justice, un visage sans effroi.
Que s’effondre l’exil tapi dans la prière,
Et que l’être hébreu luise en sa splendeur de roi.
