Leitraot abba – au revoir papa

by Rony Blog
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La question de la fin de la vie, pour ne pas dire de la mort, naît de l’intervention de nouveaux acteurs et de l’allongement de la durée de la vie. Elle revêt désormais des aspects éthiques dans le sens où elle remet en cause une certaine conception du monde et des hommes.
Une personne en souffrance ou en détresse devant sa mort prochaine fait tomber toutes les étiquettes professionnelles, parce qu’elle a besoin de rencontrer quelqu’un qui la comprenne, l’écoute, l’aide, lui prête attention et intérêt.
 La douleur physique relève de l’aspect médical, mais la solitude ne peut être résolue du seul fait d’une injection de morphine.
La gestion de la fin de la vie ne peut dépendre de la seule appréciation médicale et des options personnelles de ceux qui ont pour mission de soigner. La prise en charge de la fin de la vie engage une société dans les fondements mêmes qui la constituent.
La mort n’est pas seulement la fin de la vie, pas plus qu’elle n’en est la négation. C’est une phase essentielle du cycle vital, un moment capital de l’existence. La vie dure jusqu’à la mort. L’agonisant reste un vivant à part entière, si âgé fut-il, si dément fut-il. Cela reste vrai même quand les voies habituelles de la communication manquent : le regard, la présence muette, le contact physique, la pression d’une main peuvent répondre à l’impérieux besoin de la communication du mourant quand les mots sont impossibles.
La fin de vie correspond au stade où les traitements curatifs sont considérés comme définitivement interrompus, l’espoir de guérison s’avérant compromis. Le bien-être, le confort du malade âgé et le soulagement de sa souffrance deviennent alors l’objectif central des différents professionnels. Le soin palliatif est un soin global réconciliant la technique et la relation en un geste indissociable ; il ouvre la voie à une recherche d’un soin individuel, adapté et mesuré.
Accompagner, c’est maintenir une relation inter-humaine suivie et confiante jusqu’au dernier instant, et ne jamais abandonner le mourant à sa solitude ; cela est aussi important que de rendre supportable ses douleurs physiques ou d’atténuer tous les autres facteurs d’inconfort. La présence au mourant est une présence où tout est langage. Il s’agit d’être attentif à tous les éléments de communication. Les mots ne sont peut-être plus bien compris, mais certains éléments, que ce soit l’intonation, le regard ou le comportement ont une influence sur la perception qu’en fera le malade.  Le sens du message apporté à travers la douceur d’un regard, la chaleur d’une voix ou a travers une caresse, peuvent être perçus au-delà des mots. Prendre en considération cette communication peut garantir au mourant âgé une qualité de vie jusqu’au bout.
Le bateau vogue sur l’étendue des mers vers un horizon de plus en plus lointain et lorsqu’il vient à disparaître, nul ne doute qu’il soit encore et toujours en route vers un autre ailleurs.
Merci a tous pour votre accompagnement et vos consolations si sincères.

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