Un peuple ne renaît pas pour recommencer à trembler.
Un peuple ne revient pas sur sa terre pour continuer à mendier sa légitimité.
Un peuple ne ressuscite pas pour offrir au monde le spectacle raffiné de sa propre inhibition.
Il revient pour vivre.
Il revient pour défendre.
Il revient pour répondre.
Il revient pour mettre fin, enfin, à la vieille liturgie de la honte.
Et que cela plaise ou non aux consciences exiliques, aux âmes encore fascinées par la faiblesse, aux fidèles de la justification infinie, il faut le dire sans trembler :
nous ne demanderons plus pardon d’exister,
nous ne demanderons plus pardon de nous défendre,
et nous ne laisserons plus les héritiers intérieurs de l’exil saboter, au nom de la morale, le droit élémentaire des vivants à ne pas se laisser égorger.
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